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Depuis la publication récente de la nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine, qui officialise le discours disruptif du vice-président américain à Munich en février dernier, c’est désormais officiel, les Européens sont seuls, en particulier face à la menace russe.
Comme en témoignent plusieurs articles de nos membres et comptes-rendus d’intervention ou d’activité dans cette lettre no 91, les Français qui s’intéressent aux questions stratégiques ne sont pas surpris outre-mesure. En revanche, il ne faut pas sous-estimer la difficulté pour nos alliés européens à sortir du déni et à accepter une réalité qui leur semble inacceptable, la fin de la garantie de protection des États-Unis.
Même si, sous la pression américaine, les Européens se sont engagés à dépenser plus, comment s’assurer qu’ils vont dépenser mieux ? Cette prochaine arrivée massive d’argent comporte deux risques majeurs :
D’une part, celui de ne pas répondre aux besoins opérationnels futurs des armées européennes. En l’absence d’une véritable planification de défense dans un cadre européen, les choix capacitaires sont souvent dictés dans l’urgence par des logiques industrielles ou par mimétisme de l’adversaire. L’expérience ukrainienne ne peut à elle seule servir de modèle, pour la cohérence globale du système de défense européen en anticipation des conflits futurs.
D’autre part, celui de ne pas renforcer l’autonomie stratégique européenne, en accroissant la dépendance technologique et industrielle des Européens vis-à-vis d’acteurs extérieurs à l’Europe. La préférence européenne pourrait ne rester qu’un slogan, noyée dans le secret espoir de certains Alliés de regagner les faveurs américaines dans un cadre bilatéral. Seule la combinaison d’une souveraineté industrielle soutenue par des commandes fermes et consolidées, de mécanismes financiers de solidarité et de mobilisation du capital privé permettra de transformer l’effort de défense européen en capacité militaire dissuasive crédible et en bénéfice économique durable.
Malgré les incertitudes pesant sur la situation des Européens, à un moment ou le leadership stratégique français est contesté à cause d’une situation politique interne et économique fragile, le pire n’est pas certain. Il ne faut pas chercher à deviner le futur, mais il faut agir avec détermination pour le façonner selon nos souhaits.
Dans cette perspective, votre engagement, votre énergie et votre expérience sont plus que jamais nécessaires, comme en témoigne le dynamisme des nombreux groupes de travail nationaux et européens sur les questions financières, industrielles, opérationnelles, ou stratégiques.
Je salue également l’engagement à nos côtés et le soutien de nos partenaires pour le fonctionnement et la production de l’association.
Après une année 2025 riche en événements, la présidence roumaine qui a fait un formidable travail pour l’ensemble des associations du réseau EURODEFENSE, transmet le flambeau au chapitre autrichien, sous la direction de son président, l’ancien ministre de la Défense, Werner Fasslabend, pour nous guider en 2026.
L’année prochaine sera aussi l’objet d’une implication accrue de notre association dans l’organisation du Paris Defence and Strategy Forum (PDSF) 2026, en tant que membre associé d’ACADEM.
Aussi, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année pour vous ressourcer en famille et entre amis, et vous présente mes meilleurs vœux pour l’année 2026.
Jean-Marc Vigilant
Général de division aérienne (2s)
Président d’EuroDéfense-France